Donation après 80 ans : ce qu’il faut savoir pour bien transmettre
Sommaire
- 1 - Qu'est-ce qu'une donation-partage ?
- 2 - Quelle est la différence entre une donation et une donation-partage ?
- 3 - Les avantages de la donation-partage
- 4 - Les inconvénients de la donation-partage
- 5 - La donation-partage avec usufruit
- 6 - Donation-partage et fiscalité
- 7 - Donation-partage et succession
- 8 - Dans quels cas faire une donation-partage ?
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Avant d’envisager une donation-partage, il faut comprendre son fonctionnement et ce qui la distingue d’une donation classique.
Définition de la donation-partage
La donation-partage est un acte par lequel une personne transmet une partie de ses biens et en fixe la répartition entre ses héritiers. La valeur des biens est arrêtée au moment de l’acte et sert de référence définitive pour l’équilibre entre bénéficiaires.
Donation-partage de son vivant : principe et cadre légal
La donation-partage se fait par acte notarié. Elle peut porter sur l’ensemble du patrimoine, ou sur une partie. En pratique, le notaire encadre l’acte, vérifie la capacité de chacun, sécurise la rédaction et enregistre la transmission. Ce formalisme évite les “zones grises” qui ressortent parfois au moment de la succession.
Les biens concernés par une donation-partage
La donation-partage porte sur des biens présents, détenus au moment de l’acte : immobilier, comptes-titres, parts de société, somme d’argent, etc.
Elle peut aussi organiser une transmission en nue-propriété : le donateur garde l’usufruit, et les enfants reçoivent la nue-propriété. Cela permet de transmettre tout en conservant l’usage ou les revenus.
Quelle est la différence entre une donation et une donation-partage ?
Donation simple et donation-partage se ressemblent, mais elles ne produisent pas le même effet dans le temps. La différence se joue surtout au moment de la succession.
Donation simple : fonctionnement et limites
Une donation simple transmet un bien à un bénéficiaire. Le partage global du patrimoine reste renvoyé à la succession, avec un point souvent sensible : la “remise à plat” entre héritiers.
Si les valeurs ont beaucoup évolué, les discussions peuvent reprendre : tel bien a pris 40 %, un autre est resté stable, et l’équilibre familial peut être contesté.
Donation-partage : logique de partage anticipé
La donation-partage anticipe ce moment. Le donateur répartit les biens entre les héritiers et fige la valeur retenue le jour de l’acte.
Exemple simple : une maison évaluée 300 000 € dans l’acte reste comptée 300 000 € pour l’équilibre entre enfants, même si elle vaut 420 000 € quinze ans plus tard.
Donation ou donation-partage : comment choisir ?
Trois repères aident à choisir :
- Plusieurs enfants : la donation-partage sécurise l’équité.
- Patrimoine qui peut évoluer (immobilier, entreprise) : la valeur fixée limite les débats.
- Volonté de garder la main : une donation simple peut sembler plus souple, mais elle laisse davantage d’incertitudes à la succession.
Tableau de synthèse
| Sujet | Donation simple | Donation-partage |
| Logique | Transmettre un bien | Transmettre + répartir |
| Moment du partage | Souvent à la succession | Dès l’acte |
| Valeur retenue | Peut être rediscutée | Fixée au jour de l’acte |
| Risque de tensions | Plus élevé | Souvent réduit |
Les avantages de la donation-partage
La donation-partage plaît parce qu’elle met de l’ordre. Elle répond à une réalité : dans une famille, l’argent et l’immobilier créent vite des incompréhensions si rien n’a été cadré.
Anticiper et organiser sa succession
La donation-partage permet de préparer la transmission, sans attendre l’ouverture de la succession. Les héritiers savent ce qu’ils reçoivent, et cela réduit le risque de décisions précipitées plus tard.
C’est aussi un moyen de transmettre au bon moment : financement d’un achat immobilier, lancement d’activité, études des petits-enfants.
Éviter les conflits entre héritiers
La donation-partage fixe des règles communes. Elle limite les discussions autour de “qui a eu plus” ou “qui a été avantagé”.
Ce cadre évite souvent les crispations liées aux souvenirs familiaux : un appartement occupé par l’un, une maison de vacances convoitée par plusieurs.
Gel de la valeur des biens transmis
La valeur des biens transmis est figée au moment de l’acte. C’est un atout quand un bien peut fortement prendre de la valeur.
Exemple : un terrain qui devient constructible ou une maison dans une zone en forte hausse. Sans donation-partage, ces variations peuvent compliquer la répartition à la succession.
Les avantages fiscaux de la donation-partage
La donation-partage profite des règles fiscales de la donation. En ligne directe, un parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant sans droits, dans la limite d’un renouvellement tous les 15 ans.
Si le parent a moins de 80 ans, un don familial de somme d’argent peut s’ajouter sous conditions, avec une exonération spécifique.
Les inconvénients de la donation-partage
La donation-partage sécurise, mais elle engage. Une fois signée, elle laisse moins de marge pour “revenir en arrière” ou changer d’équilibre.
Une opération en principe irrévocable
La donation-partage est conçue pour stabiliser le partage. Revenir dessus est difficile, sauf situations particulières prévues par le droit.
Cela impose de prendre le temps d’évaluer les besoins futurs : santé, dépendance, baisse de revenus, changement de situation familiale.
La perte de liberté du donateur
Transmettre un bien, c’est aussi renoncer à une partie de la liberté d’en disposer plus tard. Un parent qui donne une maison ne peut plus la vendre comme si elle lui appartenait encore pleinement, sauf montage spécifique.
Un point pratique : garder une réserve financière disponible évite de dépendre ensuite des enfants.
Les risques liés à l’évaluation des biens
L’évaluation est une étape sensible. Une estimation trop basse peut attirer l’attention fiscale, une estimation trop haute peut créer un sentiment d’injustice entre enfants.
Dans les faits, le notaire s’appuie sur le marché, les ventes comparables et parfois une expertise, surtout sur un actif complexe.
Donation-partage inégalitaire : points de vigilance
Une donation-partage peut être inégalitaire, mais cela doit être assumé et compris. Sinon, le risque n’est pas fiscal, il est familial. Exemple fréquent : un enfant reçoit l’entreprise familiale, un autre reçoit de l’immobilier, et un ajustement financier est prévu pour équilibrer.
Arrivée d’un nouvel enfant après une donation-partage
Une naissance ou une reconnaissance tardive peut bousculer l’équilibre initial. Des ajustements sont possibles, mais ils demandent un nouvel acte et une stratégie claire.
Ce point se traite en amont avec le notaire, surtout dans les familles recomposées.
La donation-partage avec usufruit
La réserve d’usufruit est une option très utilisée quand on veut transmettre sans se déposséder. Elle permet de garder l’usage d’un bien, ou les revenus qu’il génère.
Donation-partage avec réserve d’usufruit : définition
Dans ce montage, les enfants reçoivent la nue-propriété, tandis que le parent conserve l’usufruit. L’usufruit donne le droit d’occuper le bien ou d’en percevoir les revenus, par exemple des loyers.
Donation-partage usufruit et perception des revenus
Concrètement, le parent peut continuer à louer un appartement donné en nue-propriété et percevoir les loyers. Cela sécurise son niveau de vie tout en préparant la transmission.
Ce point est souvent décisif quand les revenus locatifs complètent une pension de retraite.
Donation avec usufruit en indivision : cas particuliers
L’indivision apparaît quand plusieurs enfants reçoivent ensemble la nue-propriété d’un même bien. Cela impose des règles de gestion : décisions communes, travaux, vente éventuelle.
Dans ce cas, l’acte peut prévoir des clauses pour éviter les blocages, par exemple une organisation de la prise de décision.
Conséquences sur la succession après donation-partage
Au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires, sans droits de succession à payer sur cette extinction.
C’est un point important : l’acte anticipe une grande partie du transfert patrimonial.
Donation-partage et fiscalité
La fiscalité de la donation-partage reprend les règles des donations. Les chiffres clés se jouent sur les abattements, puis sur les droits calculés au-delà.
Les droits de donation applicables
Si la valeur transmise dépasse l’abattement, des droits de donation s’appliquent selon un barème progressif.
Un repère concret : au-delà de l’abattement parent-enfant, les droits augmentent par tranches. Le notaire chiffre le coût à partir des valeurs retenues.
Abattements fiscaux entre parents et enfants
Chaque parent peut transmettre 100 000 € par enfant sans droits, renouvelable tous les 15 ans.
Selon l’âge du donateur, un don familial de somme d’argent peut compléter sous conditions.
Tableau repère
| Transmission | Avantage | Condition clé |
| Parent → enfant | 100 000 € sans droits | Renouvelable tous les 15 ans |
| Don familial d’argent | Exonération spécifique | Donateur < 80 ans + conditions |
Fiscalité donation-partage vs succession
Donner tôt permet parfois de réduire la facture globale, surtout si le patrimoine prend de la valeur. La donation-partage fixe une valeur aujourd’hui, alors que la succession se calcule sur la valeur au décès.
Ce décalage compte sur l’immobilier dans les zones qui évoluent vite.
Les frais de notaire d’une donation-partage
Une donation-partage est un acte notarié : il y a donc des frais liés à l’acte, aux formalités et, en cas d’immobilier, à la publicité foncière.
Le montant varie selon la valeur et la complexité. Pour une estimation, des simulateurs existent sur les sites notariaux.
Donation-partage et succession
La donation-partage vise précisément à rendre la succession plus simple. Elle ne supprime pas toute discussion, mais elle réduit les zones d’incertitude.
Succession après une donation-partage
Au décès, la donation-partage a déjà organisé une partie du partage. Cela évite souvent une reconstitution complexe de l’historique des aides accordées aux enfants.
En pratique, le notaire reprend l’acte pour vérifier l’équilibre global et traiter les biens restants.
Rapport à la succession et égalité entre héritiers
La donation-partage fixe les valeurs au jour de l’acte, ce qui sécurise l’égalité en valeur retenue.
Cela n’empêche pas un enfant d’avoir “mieux réussi” ensuite, mais cela évite que la valorisation d’un bien ancien relance la discussion.
Donation-partage et partage définitif du patrimoine
Le partage n’est définitif que pour les biens inclus dans l’acte. Le reste du patrimoine continue d’évoluer.
Un cas fréquent : un couple transmet la maison de famille, mais conserve de l’épargne ou d’autres actifs pour sa sécurité financière.
Dans quels cas faire une donation-partage ?
La donation-partage est pertinente quand l’objectif est la stabilité familiale et la clarté. Elle doit aussi respecter un principe simple : ne pas fragiliser le donateur.
Donation-partage aux enfants
C’est le cas le plus courant. Elle permet de répartir entre enfants, avec des lots équilibrés ou une compensation prévue.
Exemple : un enfant reçoit un appartement, l’autre reçoit une somme d’argent, et l’acte fixe l’équilibre.
Donation-partage entre époux
Dans certains cas, la donation-partage s’inscrit dans une stratégie de couple, notamment dans les familles recomposées. Elle peut aider à sécuriser la place de chacun, selon les objectifs de transmission.
Donation-partage : âge limite et moment opportun
Il n’existe pas d’âge limite strict, mais le bon moment se prépare. Donner trop tôt peut créer un manque de marge financière, donner trop tard laisse moins de temps pour accompagner les projets des enfants.
Un repère utile : vérifier sa réserve de sécurité, puis avancer avec un notaire sur un scénario réaliste.
Conclusion
La donation-partage permet de transmettre en posant un cadre clair : répartition, valeur des biens et effets sur la succession. Elle réduit les risques de tensions, à condition de correctement évaluer les biens et de préserver l’équilibre financier du donateur. Dans une stratégie patrimoniale, la transmission se pense aussi avec une épargne disponible, pour éviter de se retrouver à court en cas d’imprévu. À ce titre, un livret d’épargne peut servir de réserve accessible, tandis qu’un compte à terme ou sa version compte à terme Green peut aider à placer une somme sur une durée définie, en gardant une trajectoire claire.
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